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La chèvre du Rove

Selon l’histoire ou la légende locale, la chèvre du Rove descendrait de chèvres venues de Mésopotamie, d’Anatolie et de Grêce. Ces animaux auraient été importés par des Phéniciens dont le bateau aurait coulé le long du littoral Rovenain (le Rove est un petit village proche de Marseille, dans les Bouches du Rhône). Les animaux qu’il transportait auraient ensuite rejoint la côte à la nage avant d’être adoptées par les bergers locaux. Une variante suggère que les Phéniciens auraient amené cette chèvre au port de Marseille durant leur commerce avec la ville. Certains bergers du Rove en auraient alors acquis quelques spécimens.
C’est au fil du temps, sous les effets d’une sélection naturelle dans les collines de l’arrière pays méditerranéen, que la chèvre du Rove se façonna et pris le nom de son terroir d’origine. La brousse du Rove était le principal revenu des habitants du village du Rove. La richesse du lait des chèvres locales donnait aux préparations fromagères des qualités gustatives exceptionnelles, qui firent de la brousse une spécialité très appréciée consommée à Marseille et dans ses environs.
Cette race se rencontrait souvent au sein des grands troupeaux ovins de Provence qui, l’été, transhumaient dans les Alpes. Leurs rôles étaient multiples : conduite du troupeau ovin par les menons (mâles castrés) et les chèvres, allaitement des agneaux doubles ou orphelins, assurance d’une certaine subsistance alimentaire pour les bergers avec le lait de chèvre et la viande des cabris.
Dans les années 1960, le cheptel comptait environ 15 000 têtes, puis dans les années 1970 elle a failli disparaitre, avec 500 mères recensées. L’arrêt de la transhumance à pied des troupeaux ovins de la crau vers les Alpes, ainsi que la prophylaxie de la brucellose rendue obligatoire ont failli avoir raison de cette chèvre.
Grace à un programme de sauvegarde mis en place par l’ “association de défense des caprins du Rove” (ADCR) en 1979, l’effectif a de nouveau augmenté pour atteindre 8000 mères en 2010.

La chèvre du Rove se caractérise avant tout par ses longues cornes torsadées : elles sont “bouquine” (cornes très serrées à la base du crâne montant très droite), “larguette” (cornes partant en “V” à la base du crane et montant sur le côté), ou “corbelle” (cornes partant en arrière). Elles peuvent devenir très longues, celles de certains boucs atteingnent 1,2 m d’envergure.
La robe, à pelage court, peut prendre des colorations très variées : Elles peuvent être rouges ou noires (ces couleurs sont dominantes dans les troupeaux), mais il y a aussi des “blaù” (gris cendré), des “cardalines” (rouge moucheté de blanc), des “sardines” (rouge mêlé de gris), des “boucabelles” (noire avec feu aux oreilles, sous les yeux, le museau et l’extrémité des pattes), des “tchaîsses” (noire devant, rouge derrière), des “coudolives” (rouge devant, noir derrière), des “biais” (robes noires mouchetées de blanc), des “oubalines” (au ventre clair), des “chocolats” (marron foncé), des “vailes” (ceinture blanche faisant le tour complet de la taille), des “caillettes” (une ou plusieurs taches blanches sur le corps), des “mouillettes” (avec du blanc sur la figure), des “faranes” (avec les oreilles mouchetées de blanc), des “mouraïettes” (tachetée de blanc sous le museau).

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